Les membres de l’Intergroupe parlementaire enfance et jeunesse et de l’Intergroupe parlementaire Politique des addictions, prévention et protection de la jeunesse se sont rencontré-e-s le mercredi 2 mars 2016 pour discuter de la nouvelle loi sur les produits du tabac. Deux exposés ont permis de souligner les défis que soulève cette loi du point de vue de la politique de la santé et de la jeunesse.

Avant d’entamer la discussion concernant la loi sur les produits du tabac, Elena Strozzi, responsable du domaine politique et prévention de la Ligue pulmonaire suisse, a attiré l’attention des participant-e-s sur certains faits importants. Elle a ainsi expliqué que les jeunes fument davantage que la moyenne de la population et que la probabilité de commencer à fumer après 21 ans est relativement faible. En outre, les coûts de la santé engendrés par le tabagisme s’élèvent chaque année à près de 10 milliards de francs. L’intervenante a ensuite mentionné la présence massive de la publicité pour le tabac, qui ciblerait particulièrement les jeunes, et les grands écarts entre les différentes règlementations cantonales sur les produits du tabac.

L’objectif principal de la nouvelle loi serait de faire en sorte que moins de jeunes commencent à fumer. Cependant, tant que la promotion des produits du tabac reste autorisée, une image positive des consommateurs/-trices de tabac est transmise aux jeunes et les conséquences du tabagisme sont banalisées. Madame Strozzi a ensuite indiqué que des études réalisées dans les pays voisins révèlent une diminution de 7 à 10% du nombre de fumeurs/-euses lorsque des mesures fermes visant entre autres à limiter la publicité sont introduites.

Andreas Tschöpe, secrétaire général du CSAJ, s’est également prononcé au nom de son organisation pour une interdiction générale de publicité. Le marketing de l’industrie du tabac, qui cible les jeunes, présente en effet un produit nocif de manière positive. Le CSAJ estime en outre problématique la forte présence de l’industrie du tabac lors des concerts open air. Un autre point avec lequel le CSAJ est en désaccord concerne l’interdiction de vente aux jeunes de moins de 18 ans. En effet, cela génère en quelque sorte un attrait pour la consommation de ce produit interdit. De plus, même le Conseil fédéral reconnait que l’impact d’une interdiction n’est guère visible. Le CSAJ estime donc qu’une limite d’âge ne représente pas une mesure efficace pour protéger la jeunesse. Il faudrait plutôt miser sur un renforcement de la conscience de soi et des compétences en matière de risque des jeunes.

La question de la forte présence de l’industrie du tabac aux festivals open air a suscité de vives discussions, tout comme l’interdiction de vente aux mineur-e-s. La possibilité de contourner cette loi au moyen des distributeurs automatiques de cigarettes a par ailleurs été signalée. Au fil des discussions, l’importance de considérer également les intérêts des jeunes dans cette nouvelle loi a largement été soulignée.

Le groupe interparlementaire enfance et jeunesse est un groupe d’intérêts formé par toutes les conseillères et tous les conseillers nationaux et aux États qui s’engagent pour les intérêts de l’enfance et de la jeunesse. Les coprésident-e-s du groupe sont le conseiller national Mathias Reynard (PSS) et la conseillère nationale Christine Bulliard-Marbach (PDC Suisse). Le CSAJ assure le secrétariat du PGKJ.

Le groupe se réunit deux à trois fois par année. Le Conseil Suisse des Activités de Jeunesse (CSAJ) s’occupe de la coordination des séances, dans le cadre desquelles les questions de la politique de l’enfance et de la jeunesse sont abordées.

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