Tabac

Initiative populaire «Oui à la protection des enfants et des jeunes contre la publicité pour le tabac»

Un argumentaire du point de vue des organisations de jeunesse

Contenu de l’initiative

Fumer nuit à la santé, provoque des maladies graves et engendre des coûts élevés pour la société. La grande majorité des fumeurs/-euses commence à fumer pendant l’adolescence – et la publicité joue un rôle central dans cette décision. L’objectif de l’initiative populaire est que les enfants et les jeunes ne soient plus la cible de la publicité pour le tabac et qu’ils/elles puissent se développent sainement.

L’initiative «Oui à la protection des enfants et des jeunes contre la publicité pour le tabac» est portée par les grandes organisations suisses du secteur de la santé (Alliance pour la santé en Suisse, mfe – Médecins de famille et de l’enfance Suisse, Ligue suisse contre le cancer, Société suisse des pharmaciens pharmaSuisse, ligues pulmonaires cantonales, Association suisse des droguistes, FMH, pneumologues, cardiologues) ainsi que par le Conseil Suisse des Activités de Jeunesse.

Le texte de l’initiative peut être consulté ici.

Pourquoi le CSAJ s’engage-t-il ?

Le CSAJ et certaines de ses organisations membres s’engagent fortement pour la promotion de la santé et la prévention du tabac auprès des enfants et des jeunes, p.ex. avec le Programme Voilà pour des camps sains et des directives pour les animateurs/-trices ainsi que dans le cadre du papier politique pour les compétences en matière de risque des enfants et des jeunes. En outre, le CSAJ participe à la Coordination politique des addictions et à l’Alliance pour la santé en Suisse afin de représenter la voix des jeunes au sein de ces organes. Les actuelles campagnes publicitaires pour le tabac, qui s’adressent sciemment aux enfants et aux jeunes, minent ces efforts. Une interdiction des actions promotionnelles pour le tabac augmenterait ainsi l’impact du travail des organisations de jeunesse.

Pourquoi une interdiction de publicité précisément pour les jeunes ?

Les recherches montrent que la plupart des fumeurs/-euses commencent à fumer avant leurs 18 ans, et la publicité joue un rôle central dans cette décision. Des études scientifiques prouvent que les jeunes souvent confronté-e-s à la publicité pour le tabac ont plus de probabilités de commencer à fumer.

L’objectif de l’initiative n’est pas d’interdire de fumer aux enfants et aux jeunes, mais de leur permettre d’évaluer de manière pertinente les risques dans leur décision de consommer. Les enfants et les jeunes sont tout à fait capables de prendre des décisions considérées – et ce aussi en ce qui concerne les cigarettes. Quel que soit leur âge, les individus ont toutefois besoin d’avoir accès à toutes les informations pour pouvoir faire librement leur choix. Et c’est justement ce qu’essaie d’empêcher l’industrie du tabac avec ses campagnes publicitaires, dans le cadre desquelles elle transmet en masse des informations partiales. La publicité de l’industrie du tabac transmet une image faussée des « avantages » et des risques liés à la fumée, altérant ainsi l’évaluation des risques.

Il est donc essentiel de réglementer plus strictement la publicité. En revanche, une interdiction de remise équivaudrait à une mise sous tutelle des jeunes et empêcherait qu’ils/elles acquièrent ces compétences importantes dans la gestion des risques tels que la fumée. L’introduction de nouvelles interdictions pour les jeunes a généralement un effet contreproductif, car elle déclenche plutôt un attrait pour l’interdit et fait des enfants et des jeunes les boucs émissaires. L’initiative populaire vise à juste titre à responsabiliser l’industrie du tabac, qui avec un produit nocif réalise d’énormes profits au détriment de la santé des enfants et des jeunes.

Pourquoi l’initiative est-elle importante pour les enfants et les jeunes ?

Les jeunes sont le principal groupe cible de la publicité pour le tabac : en effet, l’industrie du tabac dépend de sa capacité à gagner une nouvelle clientèle parmi les non-fumeurs, aussi parce que les fumeurs ne changent généralement pas de marque. Les efforts de marketing de l’industrie du tabac s’adressent donc directement aux enfants et aux jeunes, bien que ce soit officiellement nié.

Les enfants et les jeunes sont justement plus réceptifs à la publicité que les adultes de par la phase de développement dans laquelle ils/elles se trouvent. En raison de leur situation financière, ils/elles sont d’autant plus sensibles aux offres d’appât (trois paquets pour le prix de deux) et ils/elles réagissent davantage aux influences sociales – et donc aux produits qui promettent d’avoir l’air cool, d’être populaire et de ressembler aux autres.

L’industrie du tabac le sait et elle concentre consciemment sa publicité sur les jeunes. Par exemple, la publicité pour les cigarettes dans le journal gratuit « 20 minutes » se trouve toujours à la page People ; les études révèlent qu’il s’agit de la page que les enfants et les jeunes lisent le plus. En outre, l’industrie du tabac sponsorise les open airs, les festivals et les soirées, elle est présente avec des chapiteaux et des stands, elle distribue gratuitement des gadgets et fait vendre des cigarettes aux jeunes de sortie. Les open airs, événements-phares de l’année, sont aussi largement fréquentés par des personnes mineures. Les jeunes y expérimentent l’industrie du tabac en tant que promoteur culturel et bienfaiteur, ce qui leur donne une image positive des produits du tabac nocifs. L’industrie du tabac cherche sciemment à susciter une association positive avec la fumée auprès des enfants et des jeunes. Elle allie consommation de tabac et divertissement, attitude branchée et attractivité et présente les cigarettes comme un produit comportant un certain style de vie.

Cela se retrouve aussi dans les sommes versées pour ces espaces publicitaires. Alors que les dépenses de l’industrie du tabac pour la publicité classique est passée de 65 millions de francs à 15 millions de francs au cours des dernières années, elles ont augmenté de 18 à 105 millions de francs dans le secteur du sponsoring.

Il faut combattre cette stratégie publicitaire pour un produit addictif qui réduit drastiquement l’espérance de vie de ses consommateurs/-trices. On ne peut pas tolérer que les enfants et les jeunes soient manipulé-e-s dans la consommation d’une substance qui les rend dépendant-e-s.

 

Vous trouverez davantage d’informations et de matériel concernant l’initiative sur http://www.enfantssanstabac.ch

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